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Mile : batterie; Lylian : contrebasse; Pierre : guitare; Eric : saxophone

Kind Of Blue, c'est un album mythique, enregistré en 1959 par Miles Davis entouré de John Coltrane, Bill Evans, Cannonball Adderley, James Cobb, Paul Chambers, Wynton Kelly. pour de nombreux jazzmen il marque le début de l'air modale voire du jazz moderne.
Inspiré par cette référence incontournable, le quartet SOJA a mis en oeuvre un spectacle transartistique où se mèlent les sons, les couleurs et les mots. Augmenté du piano d' Eric Prud'homme, le quartet se fait quintet pour visiter et découvrir à nouveau ce répertoire.
Simultanément, Anne Jaillette et Josette Folliot , toutes deux plasticiennes de talent, improvisent une oeuvre picturale toute de bleu et de blues inspirée. Parmi les "So what" et autre "Blue in green"...à tour de rôle, chaque musicien prend le temps de s'aventurer seul, librement, de proposer son propre langage face à la peinture.
Il ne manquait que les mots... Ceux de Gil Pressnitzer se sont imposés, (A découvrir sur le site Esprits Nomades), savant mélange de références poétiques et d'allusions anecdotiques, ses mots évoquent les différentes atmosphères de la vie de Miles sans jamais trop la raconter.
Eric Prud'homme, nous a livré son ressenti sur cette musique qu'il connaît bien, dans ce texte qui est devenu l'introduction du spectacle.
(textes dits par Pascale Raux-Perraudin)


Kind of blue, Quoi donc?
Une sorte de bleu…
Une couleur improbable, sans traduction.
Une espèce de blues, un schéma donné ou comment amener une forme simple à la beauté.

Mais où donc la musique a-t-elle été se cogner pour couvrir sa toile de tels bleus ?
Aux rebords des crépuscules ou aux quatre coins des horizons ?
Quoi donc ? So what ?
Peut-être un peu partout à la fois…
La couleur froide paraît si brûlante lorsque le jazz coule.
Cool…Voici un bleu coulant à peindre sur l'émotion.
En marchant sur ces coquilles, le trompettiste nous livre ses anthropomorphies.
Miles découpe l'azur en remplissant le vide.
Là même où les influences deviennent des transparences.

Il fait bleu, loin des peurs bleues et des fleurs bleues.
De la douleur à la consolation, il y a des centaines de pas comme des milliers de notes.
Et ce Freddie qui justement revient à la charge avec celles qu'on pourrait compter sur les doigts d'une main.
Peindre librement avec le doigt, pinceau moi, je rêve…
Freddie the freeloader.

Puis du bleu de la consolation au vert de l'espérance.
Le bleu en vert se lit comme l'envers du bleu à savourer sur une nappe d'accord entre les tons et les sons .
Blue in Green.
Instinct de remplir l'instant mais d'y laisser l'espace.
Et sans répétition, sans repentir, le regard toujours en avant, se retrouver nu au sens d'être à découvert.
Etat de grâce pour découvrir ou se découvrir.
Etre un bleu en tout.

Tout bleu.
Tous bleus.
All blue.
All blues.
Eric Prud'homme - Mars 2005